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Une approche scientifique unique de la jeunesse.
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Miroslav RADMAN, Directeur d'unité « Génétique moléculaire » Inserm. Membre de l'Académie des Sciences. « PEUT ON EVITER LE VIEILLISSEMENT DE LA PEAU ? » |
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" La peau est l’interface entre l’organisme et son environnement. Elle sert à la protection et à la défense de l’organisme contre les agressions physiques, chimiques et biologiques provenant de l’environnement, mais aussi à la communication charnelle et émotive avec le monde extérieure. Saviez vous que, lors de la croissance embryonnaire, notre système nerveux et la peau sont issus de la même couche cellulaire externe (ectoderme) ? D’où l’effet profond de la caresse superficielle ! La beauté d’une peau saine envoie aux autres le message que l’organisme est en bonne santé et invite au partage des émotions et des gènes ! Ce n’est donc pas par hasard que nous tenons autant à notre santé et à notre beauté. Visiblement, avec l’âge, la qualité de la peau diminue progressivement. Pourquoi et comment la peau vieillit ? Est-il inévitable qu’elle vieillisse à ce rythme ? La réponse se trouve dans l’évolution de l’espèce humaine : nous avons hérité du fonctionnement de l’organisme de nos ancêtres. Nous sommes la descendance d’anciens survivants. À nous de devenir ancêtres des futurs survivants ! Nous avons la chance et le devoir de nous adapter au survenu récent de la longévité : depuis un siècle et demi, chaque année nous gagnons trois mois d’espérance de vie, chaque semaine presque deux jours, et ça continue ! En 160 ans nous avons doublé notre espérance de vie ! |
Quel formidable défi pour une entreprise que de donner vie, santé, et beauté aux années que nous gagnons ! Il s’agit de ralentir le processus de vieillissement pour profiter d‘avantage du temps que nous gagnons. Comment est maintenu le bon fonctionnement de nos cellules ? La vie de toutes les cellules est assurée par une « médecine moléculaire » bien plus précise et efficace que la médecine humaine. Les « médecins moléculaires » sont des protéines spécialisées qui protègent et / ou produisent la protection de la machinerie cellulaire contre les dégâts physiques et chimiques (prévention), détectent les défauts moléculaires (diagnostic) et ciblent leur réparation (thérapie moléculaire). Tant que ce mécanisme global n’est pas altéré, nous restons jeunes et en bonne santé et si l’espérance de vie augmente chaque jour, c’est que notre capacité d’adaptation à l’environnement s’améliore. Mais de quelle capacité d’adaptation avons nous hérité de nos ancêtres ? Pendant que nous prenons un bain de soleil, et si nous n’y prenons pas garde, des milliers de lésions sont produites chaque minute – par les rayons ultraviolets solaires – dans les gènes et sur les protéines de chaque cellule de la peau exposée. Les protéines médecins se précipitent sur ces lésions qui sont alors éliminées de l’ADN par une microchirurgie moléculaire régénérative, et l’ADN est débarrassé de ses maux. Si le dommage des protéines médecins est trop important, elles n’arrivent pas à réparer tous les dégâts et la cellule se trouve sur la voie de la mort, ou de la cancérisation. |
Néanmoins, chaque jour, même sans aucune exposition toxique, le nombre de lésions spontanées de l’ADN est estimé à un de minimum 10 000 par cellule humaine ! Les dégâts spontanés des protéines sont encore plus importants. Donc, les systèmes de réparation travaillent sans cesse pour assurer le fonctionnement et la longévité de nos cellules. Mais la corrosion due à l’oxydation de nos molécules sonne notre temps biologique. Finalement, quand tout va mal, il existe un programme de suicide cellulaire appelé apoptose. L’apoptose est la mort cellulaire « intérieure » programmée et « propre » (qui ne laisse pas aucune trace). Tous ces mécanismes ensemble empêchent l’accumulation des cellules qui ont un dysfonctionnement, ou mortes, dans l’organisme. Mais, avec le temps, si les dégâts ne sont pas prévenus ou réparés – et même si on évite le cancer de la peau – l’apoptose va décimer la réserve des cellules souches de l’épithélium qui sont la source du renouvellement de la peau. Alors apparait le vieillissement visible de la peau. La mort cellulaire « sale » d’origine externe (par exemple, les brûlures) est appelée nécrose, car les cadavres cellulaires restent et pourrissent aux milieux des cellules vivantes. Cette mort cellulaire « sale » apparaît d’habitude quand les molécules toxiques les plus répandues – les radicaux libres d’oxygène – attaquent la membrane cellulaire qui est une sorte de peau protectrice de la cellule. Les molécules de la membrane endommagée laissent passer l’eau intracellulaire à l’extérieur et c’est ainsi que la cellule perd son milieu vital essentiel : elle se rétrécit comme une figue sèche pour enfin mourir. |
Vu que le dégât oxydatif est inévitable, les scientifiques ont dirigé leurs recherches vers les mécanismes de réparation cellulaire. Or, les études très récentes que j’ai menées depuis plus de 7 ans sur des organismes extrêmement résistants aux radiations et à la déshydratation prouvent que la prévention des dégâts est la stratégie la plus efficace. Les cellules de ces organismes robustes synthétisent un cocktail de « molécules-pièges » qui protègent leurs protéines des dégâts causés par les radicaux d’oxygène et ainsi laissent les « réparateurs » intacts et efficaces avec moins de dégâts à réparer. Nous pouvons donc déduire que l’évolution de la robustesse biologique est une stratégie gagnante qui sera certainement utile en dermatologie et esthétique dans les produits dermo-esthétiques avancés modernes. Résolvons les problèmes biologiques par la biologie ! " Miroslav Radman, |











